Lorsque vous apprenez que votre entreprise dépose le bilan alors que vous êtes en arrêt maladie, l’inquiétude est légitime. Heureusement, la loi française vous protège avec des dispositifs solides. Vos droits restent garantis : maintien des indemnités, protection contre le licenciement abusif, et recours financiers via l’AGS. Découvrez concrètement comment préserver vos revenus et sécuriser votre situation dans cette période délicate.
Ce qu'il faut retenir :
| 🛡️ Droits garantis | Vos droits sont protégés même en cas de dépôt de bilan, notamment le maintien des indemnités et la protection contre le licenciement abusif, grâce à la législation française. |
| 💼 Protection du contrat | Le contrat de travail suspendu reste valable, et vos droits sont maintenus, indépendamment de la procédure collective ou du type de contrat. |
| 💸 Maintien des indemnités | Les indemnités journalières sont versées par la CPAM, et l'employeur doit continuer à payer le complément salarial selon l'ancienneté, même en procédure collective. |
| 🚫 Interdiction de licenciement | La loi interdit le licenciement d'un salarié en arrêt maladie, sauf faute grave, impossibilité économique ou force majeure, encadrant strictement toute rupture. |
| 📈 Protection financière | En cas de dépôt de bilan, les salariés bénéficient d'une priorité de paiement via l'AGS pour salaires, indemnités, et compléments, en respectant des démarches précises. |
| 🔄 Cas des CDD et intérim | Les contrats en CDD ou intérim sont protégés : maintien jusqu'au terme prévu, prolongation pour motif médical, et droits à indemnités de fin de mission. |
| 🧠 Soutien et aides | Des fonds d'urgence, soutien psychologique, et accompagnement social sont disponibles pour faire face à la précarité et au stress liés à la situation. |
| ⚠️ Conseils pratiques | Il est crucial d'agir rapidement en cas de dépôt de bilan pour déclarer vos créances et sécuriser vos droits financiers et sociaux. |
Sommaire :
🛡️ Droits et protections des salariés en arrêt maladie lors d’un dépôt de bilan
Lorsqu’une entreprise entame une procédure de dépôt de bilan alors qu’un salarié se trouve en arrêt maladie, la situation génère des inquiétudes légitimes. Pourtant, la législation française prévoit des dispositifs protecteurs solides. L’article L1226-9 du Code du travail protège explicitement les salariés contre le licenciement pendant l’arrêt maladie, et cette protection demeure même lors d’une procédure collective. Le contrat de travail suspendu conserve sa validité jusqu’à la décision du tribunal, garantissant ainsi le maintien des droits salariales.
Cette protection légale s’applique quel que soit le type de procédure engagée : redressement judiciaire ou liquidation judiciaire. Même si l’activité de l’entreprise est compromise, vos droits restent prioritaires. Le cadre juridique assure une continuité des protections sociales, permettant au salarié en arrêt de conserver ses indemnités journalières versées par la CPAM, indépendamment de la situation économique de l’employeur.
| Type de contrat | Protection principale | Exception possible |
|---|---|---|
| CDI | Interdiction de licencier pendant l’arrêt maladie | Faute grave non liée à la maladie |
| CDD | Maintien jusqu’au terme prévu | Force majeure ou motif économique établi |
| Intérim | Protection pendant la mission | Fin de mission pour cause économique |
Protection contre le licenciement et maintien du contrat
La question “Est-il possible de licencier une personne en arrêt maladie ?” trouve une réponse claire : non, sauf circonstances très exceptionnelles. Le Code du travail interdit formellement cette pratique, même lors d’une procédure collective. La protection du salarié en arrêt maladie constitue un principe fondamental du droit social français. Seules trois exceptions permettent une rupture de contrat : la faute grave indépendante de l’état de santé, l’impossibilité de maintenir le contrat pour un motif économique majeur, ou la force majeure.
Les situations autorisant un licenciement demeurent exceptionnelles et strictement encadrées. La jurisprudence considère que les difficultés économiques de l’entreprise, même graves, ne justifient pas automatiquement la rupture du contrat d’un salarié en arrêt maladie. Le liquidateur ou l’administrateur judiciaire doit démontrer l’impossibilité absolue de maintenir l’emploi. Cette protection renforcée garantit que l’état de santé ne peut jamais servir de prétexte à un licenciement.
- Faute grave commise indépendamment de la maladie
- Impossibilité absolue de maintenir le contrat démontrée juridiquement
- Force majeure caractérisée par les circonstances
Attention à ne pas confondre suspension de contrat pour arrêt maladie et abandon de poste en CDI, qui relève d’une absence injustifiée et non protégée.
Maintien des indemnités journalières et complément employeur
Le système de protection sociale français garantit le maintien des indemnités journalières même lors d’un dépôt de bilan. La CPAM verse directement ces indemnités selon un mécanisme indépendant de la situation financière de l’employeur. Après un délai de carence de trois jours, le montant s’élève à 50% du salaire journalier de base, calculé sur la moyenne des trois derniers mois de salaire, avec un plafond de 49,33 euros par jour.
L’employeur reste tenu de verser le complément de salaire selon les conditions légales et conventionnelles. Cette obligation persiste même pendant la procédure collective, sous réserve que la durée d’ancienneté requise soit respectée : un an minimum pour bénéficier du maintien partiel du salaire pendant l’arrêt maladie. Si l’entreprise ne peut honorer cette obligation, l’AGS prend le relais pour assurer le versement des sommes dues.
| Ancienneté | IJ CPAM (50%) | Maintien employeur | Total garanti |
|---|---|---|---|
| 1 an | 50% salaire brut | Complément à 90% pendant 30 jours | 90% du salaire net |
| 5 ans | 50% salaire brut | Complément à 90% pendant 40 jours | 90% du salaire net |
| 10 ans | 50% salaire brut | Complément à 90% pendant 50 jours | 90% du salaire net |
La bonne coordination entre service santé et service paie est essentielle ; voir comment optimiser la gestion des congés et de la paie pour éviter tout retard de versement.
Cas spécifiques des CDD et intérimaires
Les salariés en CDD bénéficient d’une protection particulière pendant leur arrêt maladie, même lors d’un dépôt de bilan. Le contrat se poursuit jusqu’à son terme prévu, sauf cas de force majeure ou motif économique établi. La durée du contrat ne peut être écourtée en raison de la maladie, et les indemnités de fin de contrat restent dues. Les CDD d’insertion, régis par des règles spécifiques, bénéficient de mesures de protection renforcées concernant la prolongation et la rupture pour motif médical.
Pour les travailleurs intérimaires, les droits spécifiques s’appliquent selon la durée de la mission et les circonstances de l’arrêt maladie. Si l’arrêt survient en cours de mission, le contrat avec l’entreprise de travail temporaire se maintient. L’indemnité de fin de mission reste acquise si la mission se termine normalement. En cas de liquidation de l’entreprise utilisatrice, l’entreprise de travail temporaire doit rechercher un nouveau poste compatible avec l’état de santé du salarié.
- CDD classiques :
- Maintien du contrat jusqu’au terme prévu
- Indemnité de fin de contrat due intégralement
- Protection contre la rupture anticipée
- Possibilité de prolongation pour motif médical
- Accompagnement renforcé vers l’emploi
- Protection sociale étendue
Les droits spécifiques des salariés temporaires sont précisés dans le cadre des droits des intérimaires en 35h. Les modalités propres au contrat CDD d’insertion s’appliquent, notamment en matière de prolongation et de rupture pour motif médical.
💸 Conséquences financières et recours en cas de dépôt de bilan pendant arrêt maladie
Un dépôt de bilan pendant arrêt maladie génère des conséquences financières immédiates pour le salarié. La suspension du versement des salaires par l’employeur défaillant crée un risque de rupture dans les revenus, malgré le maintien des indemnités journalières par la CPAM. Cette situation nécessite une réaction rapide pour activer les dispositifs de protection et éviter une précarisation financière. Les démarches administratives doivent être engagées sans délai pour sécuriser les créances salariales et préparer la transition professionnelle.
💡 En cas de liquidation judiciaire, les démarches auprès du mandataire judiciaire pour déclarer la créance doivent être effectuées dans les deux mois suivant l’ouverture, afin d’assurer le versement des sommes dues.Lors d’une procédure collective, les entreprises doivent continuer de se conformer à la charte du contribuable, notamment sur le respect des délais de paiement des créances prioritaires. Les salariés bénéficient d’un statut de créancier privilégié, ce qui garantit une priorité de paiement des indemnités et salaires impayés sur les autres créances de l’entreprise. L’intervention du liquidateur permet d’organiser cette protection financière selon un calendrier précis.
Impact sur les allocations chômage et transition professionnelle
L’ouverture des droits à l’ARE pour un salarié licencié pendant son arrêt maladie suit des règles spécifiques. Le certificat médical en cours constitue un élément déterminant : si l’arrêt se prolonge après la rupture du contrat, l’inscription à Pôle emploi est reportée jusqu’à la fin de l’incapacité de travail du salarié. Cette particularité protège le salarié en préservant ses droits futurs aux allocations chômage, calculés sur la base du salaire antérieur à l’arrêt maladie.
Le calcul du salaire de référence pour l’ARE prend en compte les douze derniers mois d’activité, permettant une indemnisation équitable malgré la période d’arrêt. La durée d’indemnisation dépend de l’âge et de la durée d’affiliation, avec des dispositions particulières pour les salariés de plus de 53 ans. Les périodes d’arrêt maladie n’interrompent pas le décompte des droits, assurant une continuité dans la protection sociale.
- Report d’inscription jusqu’à la fin de l’arrêt maladie
- Calcul sur la base du salaire antérieur à l’incapacité
- Maintien de la durée d’indemnisation selon l’âge
- Possibilité de formation pendant l’indemnisation
Pour évaluer les dispositifs d’accompagnement à la réinsertion, vous pouvez consulter les solutions offertes par le CDD d’insertion et retour à l’emploi.
Recours auprès de l’AGS pour le paiement des salaires et indemnités journalières
L’Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés intervient automatiquement lors d’une liquidation judiciaire pour garantir le paiement des sommes dues aux salariés. Cette assurance couvre les salaires impayés, les indemnités de licenciement, les indemnités compensatrices de congés payés et de préavis, dans la limite des plafonds légaux. Pour un salarié en arrêt maladie, l’AGS assure également le versement des compléments de salaire dus par l’employeur pendant la période d’incapacité.
Les démarches auprès du mandataire judiciaire ou de l’administrateur doivent respecter des délais stricts. La déclaration de créance s’effectue dans un délai de deux mois suivant la publication du jugement d’ouverture de la procédure. Les documents à fournir incluent le contrat de travail en arrêt, les bulletins de salaire, les certificats médicaux et tous justificatifs des sommes réclamées. Cette déclaration conditionne l’intervention de l’AGS et le versement des indemnités.
- Étape 1 : Publication du jugement d’ouverture de procédure
- Étape 2 : Déclaration de créance sous 2 mois
- Étape 3 : Vérification par le mandataire judiciaire
- Étape 4 : Transmission à l’AGS et versement sous 8 jours
Aides financières et soutien psychologique pour les salariés
Face à un dépôt de bilan pendant arrêt maladie, plusieurs dispositifs d’aide d’urgence peuvent être mobilisés. Les fonds de solidarité régionaux proposent des secours exceptionnels aux salariés en difficulté financière suite à une procédure collective. Les commissions paritaires d’entreprise ou de branche professionnelle peuvent également débloquer des aides spécifiques. La CPAM dispose de fonds d’action sanitaire et sociale pour accompagner les assurés en situation précaire, tandis que les mutuelles offrent souvent des dispositifs d’aide exceptionnelle.
L’accompagnement psychologique revêt une importance cruciale dans cette période d’uncertainty. La double fragilité liée à l’état de santé et à la perte d’emploi génère un stress important nécessitant un soutien adapté. Les cellules d’écoute mises en place par les services sociaux des entreprises, les associations spécialisées dans l’accompagnement des chômeurs ou les consultations psychologiques remboursées par la Sécurité sociale constituent autant de ressources mobilisables.
- Fonds de solidarité CICAS (0 820 200 189)
- Secours populaire français (01 44 78 21 00)
- Croix-Rouge française (0 820 05 05 05)
- SOS Amitié (09 72 39 40 50)
- Écoute Info Service (0 800 235 236)
Pour le suivi financier des créances impayées au-delà de l’AGS, certains acteurs éthiques de recouvrement peuvent proposer un accompagnement adapté.
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